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(Sources : France Bleue / BZ-Courrier Picard)

Les résultats du second tour des élections législatives dans l’ex. capitale picarde, à cheval sur deux circonscriptions qui ont envoyé chacune un candidat FI au second tour (les seuls en Picardie), révèlent davantage qu’un confortement de position : un véritable rassemblement derrière nos candidats opposés à La République En Marche (LREM).

Deux circonscriptions très différentes.

La première, qui comprend outre Abbeville, Flixecourt, nombre de villages des vallées de la Nièvre (à l’histoire industrielle riche) et de la Somme, et deux cantons d’Amiens (Nord et Est), est sociologiquement « taillée » pour la gauche. A noter également, pour l’analyse des chiffres, que la circonscription n° 1, où a été élu François Ruffin (que nous félicitons à nouveau), compte près de 10 000 inscrits de plus que la circonscription n° 2.

Cette dernière, qui comprend 5 des 7 cantons d’Amiens dont le centre ville et compte aussi près d’une trentaine de communes, la plupart du Sud amiénois (Boves, Dury, Estrées/Noye, Sains-en-Amiénois, Saint-Fuscien, Vers/Selle…), recèle cependant moins d’habitants et est sociologiquement de droite.

Un second tour qui rassemble bien au-delà de ce qui était espéré !

Le premier constat est le taux d’abstention très important puisqu’il est passé, sur la première circonscription, de 52,1 % au 1er tour à 55,46 % au second tour (soit 2 833 votants de moins) et sur la seconde circonscription, de 50,3 % au 1er tour à 57,3 % au second tour (soit 5 241 votants de moins entre les deux tours).

Il est important de considérer que cette abstention, loin de marquer un désintérêt pour les élections, est devenue un moyen d’exprimer quelque chose de fort sur le plan politique. Une sorte de « grève générale civique » des urnes, pour reprendre l’expression de Jean-Luc Mélenchon (cliquez ici). Celle-ci est d’autant plus forte dans les quartiers populaires, comme à Etouvie où dans certains bureaux elle atteint voire dépasse 80 % ! L’abstention, dont les responsables sont les politiques qui écœurent et non pas les inscrits qui ne se déplacent pas, n’en demeure pas moins préoccupante et la première de nos priorités sera de faire revenir les abstentionnistes à une autre forme d’expression, et dans un premier temps dans la rue pour nous battre contre les projets de la majorité de l’extrême finance qui siégera à l’Assemblée.

Le second constat est le nombre de bulletins blancs et/ou nuls de second tour puisqu’ils représentent plus de 8 % dans la première et 10,1 % des votants dans la deuxième circonscription. Vraisemblablement, pour celle-ci, une partie notable des électeurs de droite qui se sont déplacés, leurs deux candidats (Jardé et De Jenlis) totalisant environ 20 % des voix au premier tour. Ces votes y représentaient moins de 2 % au premier tour.

Le troisième constat, qui vaut pour les 2 circonscriptions, est que si l’on additionne les scores des candidats du 1er tour enclins à voir leur électorat se reporter sur le notre (en théorie), c'est-à-dire le PS – qui appelait à voter pour les candidats FI –, les écologistes du Mouvement 100% et l’extrême gauche, on s’aperçoit que les résultats obtenus sont largement supérieurs à ces totaux. C’est donc un large rassemblement derrière les candidats FI qui s’est opéré, afin de contrer les candidats macronistes.

Ainsi, même si Barbara Pompili (LREM) a été élue dans la 80-02, sa progression entre le 1er et le second tour est de 20 % (14 970 à 17 948 voix) quand Cédric Maisse progresse de 110 % (5 269 à 11 053 voix). De même, sur la 80-01 François Ruffin progresse de 102 % entre les deux tours, passant de 9 784 à 19 329 voix.

Les très bons scores sur Amiens

Barbara Pompili l’emporte dans toutes les communes de la circonscription sauf une (Fouencamps), mais c’est dans les quartiers populaires d’Amiens que Cédric Maisse (FI) vire en tête, parfois largement (plusieurs bureaux du quartier Saint-Pierre, quatre bureaux d’Etouvie dont un le plaçant à 72 %...). Notre candidat y passe dans la deuxième circonscription de 3 858 voix au premier tour à 7 634 voix au second tour, soit une progression de 98 % sur Amiens quand Barbara Pompili y progresse de 18 %, c'est-à-dire moins que sur l’ensemble de la circonscription.

Nous recueillons au final 2/5 des voix exprimées à Amiens.

François Ruffin progresse de 78 % entre les deux tours à Amiens et effectue des scores remarquables dans la vallée de la Nièvre et à Abbeville, considérée comme le « fief » de Nicolas Dumont qui y est battu à plate couture.

Ceci est prometteur pour la suite. Dès à présent, il nous faut travailler au 3e tour et maintenir le lien de proximité que nous avons tissé avec la population lors de ces campagnes qui resteront pour chacune et chacun d’entre-nous un beau et riche moment.

Et nous pouvons apprécier que l’Assemblée Nationale compte un groupe parlementaire pour relayer la voix du peuple et des travailleurs et se battre pied à pied contre l’extrémisme ordo libéral qui menace jusqu’à l’essence même de la Politique !