Retour sur la séquence politique et sociale et la mise en place de ce Comité, avec la retranscription, ci-dessous, de l’interview de Vincent Bawedin* parue dans le n° 471 de l’hebdomadaire Informations Ouvrières (cliquez ici pour accéder à la page de couverture), en page 7.

 

« - I. O. : Peux-tu te présenter ?

Vincent Bawedin, je suis responsable d’un groupe d’appui « France insoumise » à Amiens et membre du conseil national du Parti de gauche et du bureau du PG du comité de la Somme.

- I. O. : Quel regard portes-tu sur la situation politique actuelle ?

Très vite, et sans surprise, on s’aperçoit que le quinquennat Macron est dans la lignée de ceux de Sarkozy et Hollande, de façon plus brutale tant sur le fond que la forme : je fais allusion notamment aux saillies scandaleuses, celles faites en Grèce - « fainéants, cyniques, extrêmes » -, sans oublier que ce n’est pas une première dans la bouche d’Emmanuel Macron. Si ce n’est qu’il est aujourd’hui Président de la République. Le plus mal élu de la cinquième République, ce qui devrait l’inciter à davantage de retenue.

La situation traduit un mépris de classe ! Je me souviens de la phrase de Waren Buffett : « C’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner ». Macron, avec ses « réformes » (mot galvaudé s’il en est !) a déclaré une guerre de classes. Et son comportement comme ses déclarations montrent qu’il ne s’en cache même pas, comme pouvaient le faire Sarkozy ou Hollande.

On peut se demander s’il n’y a pas une volonté d’en finir non pas avec la pauvreté mais avec les pauvres. Cela se concrétise par la démolition de tous les conquis sociaux de 1936 et 1945, mais aussi du tout début du XXe siècle, comme le code du travail. C’est à trois piliers centraux de la vie quotidienne des gens que s’attaque ce gouvernement : la santé, le travail et le logement (5 € d’APL en moins, possibilité d’avoir un bail fragilisé dans le temps, etc.…). Tout élément qui se doit d’être pérenne et ne pas être source d’inquiétude pour l’avenir afin de mener une vie décente. Et parallèlement à cela, les cadeaux aux plus riches s’accélèrent. A ce niveau, ce n’est plus de l’indécence, c’est bien une déclaration de guerre. La méthode utilisée le prouve également : à la violence verbale s’ajoutent les ordonnances, dont on sait qu’elles sont un simulacre de dialogue donc de démocratie. C’est l’application d’une vieille politique ultralibérale, à la Thatcher, sous couvert de modernité. Mais Macron et sa politique nous ramènent au Moyen-âge !

- I. O.  Tu as participé à la manifestation du 12 septembre. Sont annoncées un certain nombre de mobilisations contre les contre-réformes gouvernementales… Comment vois-tu la suite ?

Le combat se mène sur deux jambes : politique d’abord, dans les lieux de décisions. C’est ce que font plusieurs dizaines de députés depuis juin dernier, mais aussi dans la rue. En ce sens, la manifestation de début de quinquennat, le 12 septembre dernier, est déjà une belle réussite même si elle ne totalise pas le nombre de participants de celles de 2016 contre la loi El Khomri. Cela s’explique : en 2016, nous étions en fin de mandat Hollande. Là, les débuts sont très prometteurs… . C’est pourquoi il importe d’être présent à la fois le 21 septembre, dans les cortèges, et le 23 septembre à la Bastille.

- I. O. Tu es membre du comité de résistance à Amiens et tu participeras le 14 octobre à la réunion nationale du Comité de résistance pour la défense des conquêtes de 1936 et 1945. Que penses-tu de cette initiative et qu’en attends-tu ?

On ne peut que se réjouir de la mise en place d’un tel comité. Ce qui se passe, c’est une « inversion » de ce qui a été mis en place au cours des dernières décennies. Ce ne sont pas des réformes auxquelles on assiste, mais des contre-réformes avec des conséquences terribles sur la vie quotidienne de la plupart des gens. Cela impose une structure qui rassemble toutes les luttes. On est dans un tournant historique fort. Par son appellation très claire, ce comité de défense des conquêtes de 1936 et 1945 n’est pas sans rappeler le Conseil national de la Résistance. Contre cette guerre menée par ce gouvernement capitaliste, il faut rassembler tout ce qui reste de militants républicains, de militants sociaux, de personnes soucieuses de l’intérêt général dans ce pays… et ce peut être une majorité. Et un Comité large tel que le sera, je n’en doute pas, celui qui se réunit à Paris le 14 octobre prochain pourra d’autant plus jouer ce rôle qu’il sera composé de militants syndicalistes, de militants politiques, associatifs…

Il importe de se rassembler en ne perdant pas de vue l’essentiel, et j’attends justement de ce comité qu’il soit un catalyseur de tous les mouvements pour l’intérêt général des travailleurs et des précaires. L’heure est à l’urgence du combat social ! »

 

Pour davantage d’infos sur le « Comité National de Résistance & de Reconquête » pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et 1945, lisez notamment « Informations Ouvrières », la tribune libre de la lutte des classes.

 

* Responsable d’un groupe d’appui « France Insoumise » à Amiens et membre du Conseil National du Parti de Gauche.

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