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Le mercredi 17 janvier 2018, la Comité Somme (CNRR 80) du Comité National de Resistance et de Reconquête pour la défense des conquêtes arrachées en 1936 et 1945 (officiellement créé le 8 novembre 2017 à AMIENS : cliquez ici) se réunissait pour la cinquième fois au moins.

Nous étions près d’une trentaine de camarades syndicalistes et/ou militants politiques (LFI, PG, POI…) représentant différents secteurs et/ou situations (chômeurs, étudiants, salariés - SNCF, Dunlop, SA Roquette, Procter&Gamble, Education Nationale, enseignement supérieur -, retraités…).

C’est en partant de l’appel (joint ci-dessous) issu de la Délégation Permanente du CNRR, réunie le 13 janvier dernier à Paris, que la discussion s’est engagée. Cet appel pose la question « de quel outil politique la classe ouvrière, la jeunesse et les élus ont-ils besoin pour rassembler » les forces disponibles ? Il propose, sur cette base, de convoquer une Assemblée nationale des CNRR locaux, rassemblant des milliers de militants.

Le constat sur la situation politique est partagé par toutes et tous ! Il y a l’objectif du gouvernement : en finir avec toutes les conquêtes arrachées par la classe ouvrière en 36 et 45 (licenciements massifs à venir à cause des ruptures conventionnelles collectives issues des « ordonnances Macron », destruction de la solidarité (assurance chômage, retraites…), de l’universalisme républicain (baccalauréat, universités…)). Et il y a la méthode : aller vite car le président le plus mal élu de l’agonisante Ve République est « suspendu en l’air » et personne ne sait combien de temps il va tenir, à l’image ce qui se passe dans toute l’Union Européenne où les politiques libérales sont en crise (accouchement aux forceps d’une énième coalition CDU/SPD en Allemagne, crise Espagnole, etc…).

Car, malgré les apparences, tronquées par des médias aux ordres du système, la résistance des travailleurs et des jeunes de ce pays est intacte. Personne ne veut se voir tout prendre sans combattre… Mais cette résistance se heurte aux pressions qui s’exercent sur les directions des organisations syndicales, « invitées » par le pouvoir à accompagner les contre-réformes. Cela amène à répondre à la question « quel outil politique pour rassembler toutes les forces qui résistent ? »

Une douzaine de camarades ont souhaité s’exprimer, notamment afin d’informer sur la situation qu’ils connaissent bien.

Elle est effroyable en termes de régression tant sociale que démocratique, et ce dans de nombreux domaines et au-delà de ce que la majorité de la population peut imaginer ! Et pourtant (mais est-ce une surprise ?), on en entend peu parler…

Il est ressorti une évidence : il faut faire connaitre la situation historique de déni social et démocratique le plus largement possible. Il est évident que cela ne se fera pas via les médias en place (90 % étant aux mains de milliardaires qui entretiennent le système par une « information choisie »). Si le CNRR n’a pas vocation à organiser les grèves, cela restant la prérogative des organisations syndicales qui sont d’ailleurs représentées largement en son sein (CGT, FO, FSU, SUD…), il a, par exemple, vocation à synthétiser les situations par secteurs afin de réagir de façon globale en matière d’information essentiellement, celle-ci étant la base des actions à suivre qui seront enclenchées.

Ainsi, qui sait que la Loi travail de 2017…

… avec la mise en place du CSE (Comité social et économique) qui n’a de « social » que le nom et qui, rappelons le, va remplacer les comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT), entraine une division du nombre de délégués syndicaux de 50 % chez DUNLOP,

…que le nombre d’heures dédiées aux syndicalistes chutera de + 95 % (oui, oui : on passerait de 2 090 000 heures de délégation à 200 000 heures !) à la SNCF, pour ne citer que ces exemples qui, tous, montrent l’instauration de décisions qui programmeraient la mort du syndicalisme.

Qui sait que la précarisation se développe via le recrutement massif d’intérimaires en lieu et place de salariés sous contrat à DUNLOP, comme ailleurs …

…qu’un grand mouvement se dessine à l’Université de Picardie Jules Verne d’Amiens (UPJV), qui a vu lors d’une précédente AG plus de 150 participants, parmi lesquels de nombreux enseignants-chercheurs, et la mise en place d’une intersyndicale, comprenant aussi la CFDT.

Les conséquences de la politique extrême capitaliste de Macron et des libéraux sont, dans chaque domaine : la régression sociale, la précarisation comme norme, la fin programmée des organes de défense des travailleurs (à noter la disparition possible des Prud’homme d’Abbeville, après la suppression de la ligne ferroviaire Abbeville / Le Tréport…), la destruction de l’universalisme républicain garantissant l’égalité de traitement à l’échelle de tout le territoire (éducation, transports, santé, justice…) ! Un recul jamais égalé des acquis du siècle dernier, de 1936, de 1945.

C’est de tout cela qu’il importe de parler, plus haut, plus fort, inlassablement, pour éveiller les consciences. Et c’est le rôle du CNRR. C’est pourquoi il a été décidé de :

  • rassembler les témoignages de situation de nos membres et de faire connaitre la situation – ce qui sera aussi l’occasion de faire connaitre le CNRR 80 – par l’intermédiaire d’une grande Conférence de presse ;
  • contacter la Délégation Permanente (DP) du CNRR afin de :

-          lui faire état du soutien du CNRR 80 sur le texte susmentionné, élaboré lors de sa réunion du 13 janvier dernier,

-          lui suggérer un rendez-vous intermédiaire avant la réunion de juin 2018, qui est amenée à regrouper des milliers de personnes, notamment dans le cadre de l’anniversaire de Mai 1968 !

  • L’idée d’une exposition au printemps sur les combats de la classe ouvrière a aussi été évoquée lors d’échanges après la réunion autour d’un verre ; tout comme d’instaurer une délégation (un genre de Bureau) du CNRR 80 afin de fluidifier les échanges et les moyens d’action, notamment en termes de temps (elle sera installée à la prochaine réunion)
  • Par ailleurs, des grèves et mobilisations, parfois dans l’unité des organisations syndicales, sont à venir :

-          Le 30 janvier 2018 dans les EHPAD  (secteurs Santé & Solidarité inter-âges)

-          Le 01 février 2018 : Education Nationale & Universités (secteurs Enseignement et Recherche)

-          Le 08 février 2018 : SNCF (secteur Transports)

…  liste non exhaustive et amenée à s’amplifier

Où trouver des infos sur le CNRR (actualité, réunions…) :

  • Dans l’hebdomadaire Informations Ouvrières (cliquez ici)
  • Sur la page du site internet départemental du Parti de Gauche de la Somme (cliquez ici)
  • Sur le site France Insoumise (FI) du Pays d’Hennebont (Morbihan) : cliquez ici
  • Sur le site du Front Syndical de Classe (cliquez ici)
  • Sur Démosphère (Agenda participatif et citoyen) : cliquez ici

… liste non exhaustive et amenée à s’amplifier

On lâche rien !

Le CNRR 80

Sources images : http://www.alloprof.qc.ca/BV/pages/h1474.aspx et CNRR

 

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